La préparation à la naissance
Préparer son mental à un Accouchement Physiologique : pourquoi ? Comment ?
Les images et récits parfois angoissants de l’accouchement véhiculés par la société peuvent faire redouter cet événement. 20% des femmes enceintes reconnaissent ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher, d’après une étude réalisée par le CAIRN en 2020.
Apprivoiser son mental permet de diminuer la perception anxiogène liée aux représentations collectives et individuelles de l’enfantement. Un accompagnement à la naissance adapté améliore donc la perception de ce moment et permet de le vivre avec plus de légèreté. En effet, les méthodes et exercices de préparation à la naissance que nous allons vous présenter favorisent la relaxation physique et mentale.
Table des matières
Prendre conscience de ses représentations mentales, un préalable à l’accouchement physiologique
D’où vient la peur d’enfanter ?
Les accouchements accompagnés à domicile marginalisés
Mettre son mental sur pause pour faciliter son accouchement physiologique
Qu’est-ce que le mental ?
Le relâchement corporel, prérequis à la détente mentale
Se préparer à l’accouchement physiologique : quelques conseils
Dépasser ses limites mentales
La respiration profonde, essentielle et incontournable !
La méthode Bonapace : préparer l’accouchement en couple avec complicité
L’hypnoNatal®, une technique pour visualiser positivement l’accouchement
Conclusion : Accoucher avec plaisir, est-ce envisageable ?
Prendre conscience de ses représentations mentales, un préalable à l’accouchement physiologique
D’où vient la peur d’enfanter ?
Accoucher physiologiquement, avec très peu d’assistance médicale peut effrayer certaines femmes, car l’accouchement reste associé à des douleurs épouvantables dans l’imaginaire.
Avoir peur des fortes douleurs pendant l’enfantement constitue une préoccupation courante, alimentée par les images des films où la parturiente hurle des cris épouvantables sur sa table d’accouchement. “Dans les films, une représentation très caricaturale de ce moment est promue.” explique Karine Mayer, psychologue spécialisée en périnatalité. De plus, des expériences d’accouchements pénibles vécus par des femmes de votre famille (mère, tante, autres) peuvent entretenir cette vision dramatique de l’enfantement dans votre psyché.
Les accouchements accompagnés à domicile marginalisés
En France, l’accouchement à l’hôpital avec péridurale et surveillance médicale constitue la norme, laquelle renforce l’idée que l’anesthésie reste incontournable pour accoucher.
Quant aux AAD (Accouchements Accompagnés à Domicile), ils demeurent trop peu pratiqués en France* malgré une part conséquente de femmes qui désirent accoucher chez elles. Une enquête IFOP de 2021 révèle que 36% des participantes souhaitent accoucher à domicile.
Cette faible proportion des naissances à domicile ne favorise pas non plus la confiance envers votre propre corps à donner naissance naturellement.
(* Moins d’1% des naissances se déroule à domicile d’après l’Association Professionnelle des Accouchements Accompagnés à Domicile)
Mettre son mental sur pause pour faciliter son accouchement physiologique
Qu’est-ce que le mental ?
Votre mental représente la partie rationnelle de vous-même qui enregistre informations et expériences, analyse, juge, planifie. S’il demeure indispensable dans la vie quotidienne pour réfléchir, organiser et exécuter des tâches complexes, en revanche, il freine le déroulement optimal de votre accouchement naturel. Plus vous vous attachez à votre esprit rationnel pendant votre travail, plus vous augmentez vos sentiments de peur et vos crispations. Dès lors, la sécrétion d’ocytocine, puissante hormone anti-douleur, diminue. Votre accouchement peut alors durer plus longtemps et engendrer des douleurs plus fortes.
La fonction de votre mental est de vous maintenir en vie. Il déteste l’inconnu, source de danger potentiel. Il préfère donc le connu, les habitudes, les normes afin de ne pas vous mettre dans l’inconfort ou l’insécurité. Les pensées influencent beaucoup la perception de notre réalité. Percevoir l’accouchement comme une épreuve tend à accentuer d’autant plus votre anxiété et vos souffrances.
Le relâchement corporel, prérequis à la détente mentale
Pourtant, préparer son accouchement physiologique avec des personnes qualifiées et de confiance (partenaire, sage-femme, doula), permet de puiser dans ses ressources internes pour gérer les intensités des contractions.
Cette préparation passe par une détente corporelle, car plus votre corps se relaxe, plus votre esprit laisse place à la vacuité et à l’instant présent. Vous recentrer sur vous-même pendant l’accouchement améliore votre état émotionnel, vous redonne l’énergie instinctive pour enfanter plus facilement.
Se préparer à l’accouchement physiologique : quelques conseils
La préparation avec votre sage-femme et doula vous place dans des conditions psychologiques, physiques et matérielles (baignoire, ballon, etc) adéquates pour lâcher prise sur vos peurs et gérer l’intensité du travail.
Dépasser ses limites mentales
Le mental favorise le doute de soi. Cela se comprend puisqu’il exècre l’inconnu qu’il considère comme un danger. Avoir peur est donc normal surtout si :
vous accouchez de votre premier enfant ;
vous effectuez votre premier accouchement naturel.
Pour surmonter les limites que vous percevez intérieurement, exercer une activité qui vous demande du dépassement psychologique ne peut que vous aider : sport, théâtre, apprentissage d’une nouvelle compétence, etc.
Et si vous criez pendant votre activité, allez-y ! Le cri prépare particulièrement à l’ accouchement physiologique, car il fait pousser des “sons primals" d’après Karine Langlois (doula, sage-femme et créatrice de contenus)
La respiration profonde, essentielle et incontournable !
Apprendre à respirer amplement en effectuant de grandes expirations allège le stress et relaxe psychologiquement. La relaxation diminue la perception de vos douleurs, vous détourne de vos pensées anxiogènes et génère un surcroît d’ocytocine qui raccourcit votre travail.
Effectivement, se concentrer sur sa respiration amène à un état de méditation dans lequel vous trouvez calme et force à la fois pour surmonter l’inconfort.
Pratiquer le chant prénatal pendant votre grossesse améliore votre amplitude respiratoire. Or, les respirations profondes vous ancrent plus fortement à votre corps, votre ventre et à la terre. Le souffle aide aussi à mieux exprimer votre voix. Celle-ci influence positivement le développement de votre bébé (son audition, son relationnel).
La méthode Bonapace : préparer l’accouchement en couple avec complicité
Inventée par Julie Bonapace, cette méthode, très axée sur la digitopression, sollicite la contribution de votre partenaire pendant tout le processus de préparation à l'accouchement.
La méthode Bonapace vise à exercer des pressions sur différents “points gâchettes” (points réflexes ou trigger points), par votre conjoint, sur vos mains, pieds, sacrum et fessiers afin de déclencher un deuxième point douloureux qui va vous détourner de votre douleur initiale. Efficace, cette approche permet de réduire vos douleurs de 50%.
La méthode repose aussi sur :
Les massages (exercés à deux) ;
La relaxation ;
La respiration ;
Des postures de yoga pour bien aligner votre bassin.
La coopération entre votre conjoint et vous-même renforce votre confiance mutuelle, ce qui favorise votre sentiment de sécurité et de bien-être au moment de votre accouchement physiologique.
L’HypnoNatal®, une technique pour visualiser positivement l’accouchement
Cette hypnose spécialement conçue par Lise Bartoli, psychologue clinicienne, détend profondément et redonne confiance en soi grâce à des suggestions adaptées qui influencent le subconscient.
Pratiquées à partir du quatrième mois de grossesse, les séances d’HypnoNatal® améliorent le contact intuitif avec le bébé, mais aussi l’appréhension de l’accouchement par des visualisations positives.
Votre partenaire peut se joindre à vous lors de la première séance de relaxation pour partager avec vous ses ressentis, ce qui a pour effet de contribuer à votre complicité. Sa présence rassurante et fiable participe également à votre relâchement mental.
Conclusion : accoucher avec plaisir, est-ce envisageable ?
Être focalisé sur son mental accentue la peur de l’inconnu, et donc, la crispation et les douleurs. Pour améliorer votre vision de l’accouchement ainsi que votre bien-être, l' entourage professionnel compétent et les proches comptent beaucoup. Les activités/méthodes que nous vous avons présentées vous aideront à préparer convenablement votre accouchement :
Activité physique ou de loisir ;
Respiration profonde ;
Chant prénatal ;
Méthode Bonaface ;
Hypnonatal.
Certains documentaires écrits et vidéos* relatent des expériences d’accouchement physiologique extraordinairement agréables. Michel Odent, chirurgien et obstétricien, estime que les femmes qui accouchent naturellement dans de bonnes conditions peuvent « atteindre un état d’extase émotionnelle au moment de la naissance. »
Et si ces expériences contribuaient à appréhender l’accouchement avec davantage de joie ?
*Références : « Orgasmic birth - The best kept secret (2008) » de Debra Pascali-Bonaro, doula
« L’enfantement - Entre puissance, violence et jouissance », Hélène Goninet, Mama éditions, 2016
Sources :
https://shs.cairn.info/revue-perinatalite-2020-3-page-130?lang=fr
“Le chant prénatal. Méthodes et comptines pour une préparation affective à la naissance”, Geneviève Fraselle et Martial Host, Renaissance du Livre
“Tu enfanteras dans le plaisir”, Alternatif bien-être, juin 2017 n°129


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