top of page

Comment préparer son corps à l’accouchement pendant la grossesse

  • Photo du rédacteur: Lise ROLLO
    Lise ROLLO
  • 1 avr.
  • 5 min de lecture

Beaucoup de femmes me posent cette question dès le deuxième trimestre de grossesse : comment préparer son corps à l’accouchement.

L’accouchement mobilise intensément le bassin, la respiration, le système nerveux et une cascade hormonale complexe. Il est donc compréhensible de vouloir accompagner son corps pendant la grossesse afin d’aborder la naissance avec davantage de ressources.

Pour autant, préparer son corps à accoucher ne signifie pas entraîner certains muscles ni appliquer une méthode précise. Le corps possède déjà les mécanismes biologiques nécessaires à la naissance. Pendant la grossesse, ces mécanismes se mettent progressivement en place.

Dans mon accompagnement de doula et de psychomotricienne à Toulouse, j’observe souvent que ce qui aide le plus les femmes n’est pas une préparation physique intensive, mais plutôt une meilleure conscience de leur corps, de leurs sensations et de leurs émotions. Apprendre à reconnaître ce qui se passe dans son corps, identifier les tensions, sentir les moments de relâchement ou de sécurité peut devenir une ressource précieuse lorsque le travail commence.

Avant de parler de mouvement ou de pratiques, il est donc utile de comprendre comment le corps se prépare naturellement à la naissance.


Comment le corps se prépare-t-il naturellement à l’accouchement ?

Pendant la grossesse, l’organisme met en place plusieurs adaptations physiologiques destinées à faciliter l’accouchement.

L’une des hormones importantes est la relaxine. Elle agit sur les ligaments et les tissus conjonctifs afin d’augmenter progressivement leur élasticité. Cette modification permet au bassin de conserver une certaine mobilité lorsque le bébé descend dans le canal de naissance.

La posture évolue également au fil des mois. Le centre de gravité se déplace vers l’avant, la colonne lombaire se cambre davantage et la respiration s’adapte à la croissance de l’utérus.

Ces transformations ne sont pas uniquement mécaniques. Elles impliquent aussi le système nerveux autonome. Lorsque le corps se sent en sécurité, le système parasympathique favorise la détente musculaire et la production d’hormones importantes pour le travail, notamment l’ocytocine et les endorphines.

L’obstétricien Michel Odent a largement étudié le rôle de ces hormones dans la physiologie de la naissance. Ses travaux montrent que l’environnement émotionnel et le sentiment de sécurité influencent directement la production d’ocytocine pendant l’accouchement.

Autrement dit, préparer son corps à l’accouchement pendant la grossesse concerne autant l’équilibre émotionnel que les adaptations physiques du corps.


Pourquoi la conscience corporelle peut-elle aider pendant la grossesse ?

Lorsque l’on parle de préparation corporelle à l’accouchement, on pense souvent immédiatement aux exercices physiques. Pourtant, l’expérience du travail repose beaucoup sur la manière dont une femme habite son corps et perçoit ses sensations.

Le corps ne fonctionne pas seulement comme une mécanique. Il réagit aussi à l’état émotionnel, au sentiment de sécurité et à la manière dont les sensations sont vécues.

Certaines femmes ressentent par exemple une pression dans le bassin en fin de grossesse, une respiration plus courte lorsqu’elles sont fatiguées ou une tension dans le bas du dos lorsqu’elles se sentent stressées. Prendre le temps d’observer ces sensations permet souvent de mieux comprendre ce dont le corps a besoin à ce moment-là : bouger, changer de posture, ralentir ou se reposer.

En tant que psychomotricienne, j’accorde une place importante à cette écoute fine du corps et des émotions. Le vécu corporel pendant la grossesse est souvent très lié au vécu émotionnel. Lorsque les femmes parviennent à identifier ce qui se passe dans leur corps, elles trouvent plus facilement des ressources pour traverser les moments de tension.

Cette relation entre le corps et les émotions devient particulièrement importante pendant l’accouchement, où les sensations corporelles peuvent être intenses et parfois déroutantes.


Quels mouvements peuvent aider à préparer son corps à accoucher ?

Le mouvement peut être une manière simple de rester en contact avec son corps pendant la grossesse.

Certaines femmes apprécient les balancements du bassin, les mouvements circulaires sur ballon ou les positions à quatre pattes. Ces mouvements peuvent soulager les tensions lombaires et permettre d’explorer différentes postures.

L’enjeu n’est pas de réaliser des exercices de manière technique, mais plutôt d’observer comment le corps réagit. Certaines positions apportent du confort, d’autres donnent une sensation d’espace dans le bassin ou permettent de relâcher les tensions dans le dos.

Une future mère que j’ai accompagnée ressentait beaucoup de pression dans le bas du dos au troisième trimestre. En explorant différents mouvements du bassin, elle a découvert qu’un mouvement circulaire lent sur ballon diminuait immédiatement la tension. Le jour de son accouchement, elle s’est instinctivement installée dans cette position pendant plusieurs contractions.

Ce type d’exploration permet souvent aux femmes de développer une forme de mémoire corporelle. Lorsque le travail commence, le corps retrouve plus facilement des mouvements qui lui apportent du soulagement.


Comment la respiration influence-t-elle l’accouchement ?

La respiration constitue un autre point d’entrée important pour préparer son corps à l’accouchement.

Respirer lentement et profondément peut activer le système parasympathique, qui favorise la détente musculaire. Ce mécanisme peut aider certaines femmes à relâcher les tensions corporelles pendant la grossesse.

La respiration influence aussi directement le vécu émotionnel. Lorsque le souffle se ralentit, beaucoup de femmes décrivent une sensation d’apaisement ou d’ancrage. Cette régulation peut devenir précieuse lorsque les contractions apparaissent.

Sur le plan corporel, la respiration met également en mouvement le diaphragme et le périnée. Ces deux structures fonctionnent en coordination. Lorsque le diaphragme descend à l’inspiration, le périnée s’adapte également.

Prendre conscience de ces mouvements pendant la grossesse peut aider certaines femmes à développer une relation plus intuitive avec leur corps et avec les sensations qui apparaissent.


Quel peut être le rôle d’une doula dans cette exploration corporelle ?

En France, la préparation médicale à la naissance est assurée par les sages-femmes. Le rôle d’une doula est différent.

Dans mon accompagnement, je propose un espace de soutien émotionnel et d’exploration corporelle pendant la grossesse et autour de la naissance.

Certaines femmes ont besoin de comprendre ce qui se passe dans leur corps. D’autres ressentent surtout le besoin de déposer leurs inquiétudes, leurs sensations ou leurs émotions liées à l’accouchement.

Les séances peuvent ainsi inclure des moments d’échange, des explorations autour de la respiration, des mouvements du bassin ou simplement un temps pour mettre des mots sur ce qui est vécu dans le corps.

L’objectif reste toujours le même : aider la future mère à se sentir plus en confiance dans son corps et dans ses sensations.


Peut-on vraiment préparer son accouchement ?

Aucune pratique ne permet de contrôler ou de prévoir exactement le déroulement d’un accouchement.

La naissance dépend de nombreux facteurs : la position du bébé, la durée du travail, la fatigue, l’environnement ou encore le contexte médical.

Cependant, comprendre les mécanismes physiologiques de la naissance et explorer ses sensations corporelles pendant la grossesse peut aider certaines femmes à se sentir plus confiantes.

La préparation corporelle n’a pas pour objectif de contrôler la naissance mais plutôt de permettre au corps de rester mobile, disponible et soutenu émotionnellement lorsque le travail commence.


Questions fréquentes sur la préparation du corps à l’accouchement

Peut-on préparer son corps à l’accouchement pendant la grossesse ?


La grossesse prépare déjà naturellement le corps à l’accouchement grâce à des adaptations hormonales et mécaniques. Certaines pratiques comme le mouvement, la respiration ou l’écoute des sensations corporelles peuvent soutenir ce processus, mais elles ne permettent pas de contrôler le déroulement de la naissance.


À partir de quand préparer son corps à accoucher ?

Beaucoup de femmes commencent à explorer leur corps différemment à partir du deuxième trimestre, lorsque les transformations physiques deviennent plus perceptibles. Cependant, l’écoute du corps et la conscience corporelle peuvent se développer à tout moment pendant la grossesse.


Le sport pendant la grossesse aide-t-il à accoucher ?

L’activité physique peut contribuer au bien-être général et à la mobilité du corps pendant la grossesse. Toutefois, l’accouchement ne dépend pas uniquement de la condition physique. Le vécu émotionnel, le sentiment de sécurité et la capacité du corps à relâcher certaines tensions jouent également un rôle important.


Note

Je ne suis pas médecin. Cet article a un objectif informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Pour toute question concernant votre suivi médical ou celui de votre bébé, adressez-vous à votre sage-femme, votre gynécologue ou votre médecin.

Commentaires


bottom of page